Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 11:39
Le froid des dernières journées permet une conservation de mon corps, le ralentissement, du moins, de sa pourriture. Trois fois cette nuit le besoin de se lever fut insoutenable. Un verre d'eau, d'abord, puis la télé, pourquoi pas, une nouvelle fraîche pourrait en surgir. Rien, évidemment, tout le monde dort. J'ai jeté un coup d'œil par la porte patio; les lampadaires ne me font pas peur parce qu'ils ressemblent aux veilleuses que l'on garde allumées pour rassurer les enfants, la nuit. Le voisin d'en face va-t-il se lever? Une lueur dans sa cuisine m'en avertirait. L'insomnie partagée. Nous pourrions nous téléphoner, en discuter, s'inviter à prendre un café, développer une amitié, coucher ensemble et se laisser, retourner à notre solitude nocturne. Mais rien ne se passe, malgré l'attention et la concentration que j'y mets.
Rencontres Paris ou Rencontres Bordeaux et Rencontres Lille
Au lever, je recommence à me questionner sur l'utilité de mes études de littérature. Qu'est-ce que j'en ferai, sinon de les mettre aux vidanges, parce que de toutes manières, c'est là qu'elles m'obligeront à vivre, parmi les déchets, dans le fond d'une ruelle. Mais ne vous en faites pas, papa a de l'argent. Quel malheur! Sans avenir pour ne pas en avoir le souci. Peut-être devrais-je sortir un peu de l'appartement, le sentiment d'y vivre comme dans une tombe me prend. Une promenade à pied me serait trop douloureuse et en plein jour, le visage des gens du village éblouissant, livide et effrayant. Il faudra tenter de me décider pour une sortie dans un bar, le soir tombé, aller déprimer devant une bière.
Rencontres France plus Rencontres Lyon
Qu'aurais-je pu supporter d'autre qu'un fond sonore pour les blues, qu'un endroit lugubre et emboucané, l'isolement collectif?
Lorsque j'y suis entrée, chaises, tables, bar, tout était presque désert. J'ai hésité entre une place qui m'aurait permis de filer rapidement et discrètement, près de la porte, ou dans un coin reculé, entre deux colonnes, là où l'on m'aurait oubliée à la fermeture et laissée pour la nuit , le lendemain matin, ainsi de suite jusqu'à ce que l'odeur de putréfaction les fasse se rendre compte de ma présence.
Par Mafa - Publié dans : mafagascar
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Samedi 22 avril 2006 6 22 /04 /Avr /2006 09:28
La lumière n'y change rien. Je baisse les toiles pour ne pas trop souffrir des brûlures qu'elle m'inflige : le sang coule à flot. Je me suis levée ce matin avec une pensée pour le Seigneur mon Dieu, sans qui l'idée de ce journal m'aurait été impossible et sur les genoux duquel mes larmes glisseraient, de remords, de peurs, de chagrins. Il est vrai, la semaine dernière, j'ai bien failli ne pas la faire; des examens, pour quel profit? Un diplôme, à quoi bon? Et j'ai finalement succombé à l'absurdité : j'étudierais comme une dingue ces cinq examens, j'obtiendrais les yeux fermés ce diplôme et les rouvrirais dans un autre monde. Me voilà aujourd'hui à subir encore un sursis.
Rencontres Toulouse et Rencontres Nice
Le sommeil circule dans mes veines sans que je puisse l'en faire sortir d'aucune manière, et j'épouse sa violente volonté en ne bronchant pas le moins du monde. Il ne reste, une fois disparue cette force que procure le goût à la vie, qu'un instinct étouffé pendant tant de millier d'années que mon corps ne trouve plus qu'à garder fonctionnels mes organes. La nourriture me fait horreur et comme les nouvelles télévisées sont ma seule occupation, j'ai l'impression qu'inconsciemment je me protège de l'empoisonnement.
Rencontres Marseille, Rencontres Nantes ou Rencontres Bruxelles
Je regarde inlassablement tous les bulletins de nouvelles. Déjà lasse, je ne peux l'être davantage. Les maudites sociétés, les cruautés de la planète répétées cent fois par jour me font l'effet contraire de l'ennui qu'elles provoquent aux gens sains et bien occupés; je zappe à la recherche des mêmes images pour revoir toujours souffrants ces miséreux. Leur douleur m'est imaginable : cela me rassure. Quand on les violente, je souhaiterais être à leur place, non par masochisme mais par dévotion. Le besoin me manque d'être utile. Bien des gens, dans notre société ayant perdu depuis longtemps toute civilité, le sont pour eux-mêmes, pour leur famille à la limite, rarement pour une amie et leur prochain, ils l'ignorent.
Par Mafa - Publié dans : mafagascar
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